EXIGEONS LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS DETENUS DANS LES PRISONS ISRAELIENNES

14 juillet – Association “Palestine en Marche”

Depuis plusieurs semaines, la question des prisonniers palestiniens et arabes incarcérés dans les prisons de l’Etat d’Israël est devenue l’une des questions politiques clés de la situation au Proche-Orient et ceci grâce à la lutte des prisonniers, de leurs familles et amis.

Près de 8000 prisonniers se trouvent encore aujourd’hui dans les prisons israéliennes. Parmi eux, des prisonniers arabes, des Palestiniens de 48, des mineurs, des femmes, des prisonniers malades et blessés.

Depuis des semaines, les prisonniers luttent exigeant leur libération immédiate et inconditionnelle. Ils refusent que leur libération soit négociée dans le cadre de “la feuille de route”, considérant au contraire que leur libération est un préalable aux négociations entre l’autorité palestinienne et le gouvernement israélien.

Cette revendication des prisonniers est reprise par l’ensemble des organisations palestiniennes, politiques et armées, et par le peuple palestinien qui manifeste régulièrement pour soutenir le mouvement des prisonniers.

Aujourd’hui, le 14 juillet, le tribunal israélien vient de prolonger la détention pour six mois du député Marwan Barghouty. Il y a quelques jours, c’est la prolongation de la détention du député Hussam Khadr qui avait été prononcée. En Palestine 48, Cheikh Raed Salah et ses compagnons ont également vu leur détention prolongée pour quelques mois. Parmi les prisonniers libanais, certains ont achevé leur peine mais sont encore emprisonnés pour servir de monnaie d’échange, d’autres ont été kidnappés dans leurs maisons pour les mêmes motifs. Et les arrestations des Palestiniens n’ont pas cessé au cours de ces dernières semaines.

Tous ces faits montrent que dans la réalité, les dernières propositions israéliennes concernant la libération de 350 détenus ne sont que de la “poudre aux yeux”, une manoeuvre pour faire croire à l’opinion internationale que l’Etat d’Israël accepte de discuter.

A cette occasion, nous affirmons notre soutien total à toutes les revendications des prisonniers dans les geôles israéliennes, nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle, comme nous renouvelons notre détermination à agir pour que les prisonniers retrouvent leur liberté le plus tôt possible, en mobilisant les organismes internationaux, les partis politiques européens, les organisations des droits de l’homme ainsi que les mouvements des citoyens dans le monde.

Les prisonniers libanais vivent des conditions très dures du fait des mauvais traitements pratiqués par la direction des prisons et des autorités israéliennes envers les prisonniers et notamment les prisonniers arabes, qui se caractérisent par d’une part la négligence et d’autre part la tentative de les briser.

Mais les prisonniers libanais, malgré la souffrance et les traitements inhumains qu’ils subissent de la part du bourreau et de l’occupant, et malgré la répression impitoyable, sont au premier rang de l’affrontement pour l’obtention de leurs droits humains, pour l’amélioration de leurs conditions et situation de vie quotidienne, aux côtés des prisonniers palestiniens et arabes dans les prisons et les bastilles sionistes.

Actuellement, 16 Libanais sont prisonniers dans les prisons israéliennes et attendent leur libération, comme leurs frères et leurs camarades qui ont été libérés par le biais des échanges avec la résistance islamique.

Le dernier prisonnier libéré du fait de la détérioration de sa santé est Muhammad al-Barzaoui de la prison de Ascalan.

L’Etat libanais a raté l’occasion historique de régler la question des prisonniers libanais car il aurait pu libérer les prisonniers avec la fin de l’occupation du sud et il accepterait le retour des forces de l’ONU et le déploiement des forces de sécurité libanaises sans poser pour condition la libération des prisonniers.

Les prisonniers libanais se trouvent actuellement dans les prisons suivantes: Nafha (désert dans le désert du Naqab), Ascalan, Kafar Youna, Haddarim…

Dans la prison de Nafha, 7 prisonniers:

1 – Samir Sami Ali Qantar, qui se trouve en prison depuis 25 ans, et il est le doyen des prisonniers arabes et libanais, il est jugé à la prison à vie (5 fois) et quarante cinq ans de prison. Il est né en 1962, de Abayyé.
2 – Ali Hassan Yousef Balhas, arrêté au sud-Liban en 1992, il a passé onze ans en prison, et est jugé à la prison à vie (20 fois), du village de Saddaqin, région de Sour, né en 1968.
3 – Yousef Abdul Karim Wazni, kidnappé en 1988 par les forces d’occupation, il a passé 15 ans de prison et est jugé à 20 ans de prison, il est de Tebnine, région de Bint Jbeil, né en 1960.
4 – Fadi Muhammad Ahmad al-Jazzar, arrêté au sud-Liban en 1991, il a passé 12 ans de prison et est jugé à 25 ans de prison, de Beyrouth, Borg al-Baragneh, né en 1972.
5 – Hassan Muhammad Qasim Al-Anqûni, arrêté au sud en 1988, quinze ans de prison, jugé à 18 ans de prison, de Machghara, né en 1962.
6 – Jawad Ali Hassan Qasfi, arrêté au sud-Liban en 1988, il a passé quinze ans en prison, jugé à la prison à vie, de Sultaniyya, né en 1962.
7 – Mustafa Abdul Karim Hammoud, arrêté au sud Liban en 1988, a passé 15 ans en prison, jugé à 20 ans de prison, de Markaba, né en 1971.

La prison de Ascalan
Parmi les prisonniers, se trouvent ceux qui se trouvaient à bord du navire Sant Toriny , arraisonné par les forces maritimes israéliennes, et le navire était chargé d’armes pour le soutien à la résistance palestinienne et à l’intifada:

1 – Dhiab Muhammad Awayda, capitaine du navire, peine de 12 ans de prison.
2 – Dhiab Dhiab Muhammad Awayda, le fils du capitaine, qui a fini sa peine en décembre 2002 mais n’a pas été libéré.
3 – Hussein Dhiab Muhammad Awayda, peine de 10 ans.
4 – Fadi Marwan Awwad, beau-frère de Hussein, peine de 10 ans.
Tous sont de Dhabnine Akkar, près du camp de Nahr al-Barid, au nord du Liban.
5 – Salim Mahmoud Husni as-Sankari, arrêté à cause de l’affaire du navire Careen a et en prison depuis le 3/1/02, dans la prison de Kfar Youna, en cellule individuelle, comme pour les libanais arrêtés sans jugement.

1 – Cheikh Abdul Karim Ubayd, kidnappé en 28 juillet 1989, dans son village Jibchit dans le sud du Liban, il a été emprisonné dans la prison de Sarafand parmi les libanais arrêtés sans jugement, le ministre de la sécurité a légalisé sa détention administrative, renouvelée en permanence. Il n’a pas été libéré avec les autres prisonniers, et son affaire a été liée, selon les déclarations israéliennes, à l’affaire de l’aviateur Ron Arad, disparu et fait prisonnier au sud-Liban.

2 – Cheikh Mustafa Dirani, kidnappé le 20 mai 1994 dans sa maison à Qasrbana par les forces de l’occupation, il a d’abord été incarcéré dans la prison de Sarafand avec le cheikh Ubayd, dans les cellules de l’interrogatoire, et il a subi les pires tortures et notamment de la part des officiers et des services de renseignements, aucune peine n’a été prononcée, il a comparu devant le tribunal uniquement pour renouveler la détention administrative, de façon permanente. Il n’a pas été libéré avec les autres prisonniers, et les israéliens prétendent qu’il a un lien direct avec l’affaire de Ron Arad. Il a été dernièrement transféré avec le cheikh Ubayd à la prison de Kafar Youna, il ne peut recevoir aucune visite, sauf de l’avocat Tseve Zich, et de la Croix Rouge par périodes éloignées.

3 – Fawzi Ayoub, a été arrêté en Cisjordanie et est accusé d’avoir des liens avec le transfert d’armes à la résistance, il est toujours arrêté mais aucun jugement n’a été prononcé, et il se trouve dans la même partie de la prison que le prisonnier britannique Jihad Chouman.

Prison de Haddarim

Cette prison a été conçue au départ, au début de l’intifada, pour les prisonniers du Hamas et du Jihad islamique, et à proximité se trouve la prison de Telmond, pour les jeunes mineurs.

1 – Anwar Muhammad Yasin, de Dalafa, né en 1968, il a été arrêté en 1987 par les forces d’occupation, avec ses camarades du parti communiste libanais. En prison depuis 16 ans, ses camarades ont été libérés, jugé pour une peine de 30 ans. Il a été transféré dans la plupart des prisons israéliennes et récemment, il était dans la prison de Shatta, près de Bisan, il a de nouveau été arrêté à cause de ses activités à l’intérieur de la prison, il a été interrogé dans l'”abattoir” de Petak Tikva avant d’être transféré à Haddarim où il se trouve actuellement.

La situation médicale

Très difficile et une négligence totale. Plusieurs prisonniers libanais souffrent de maladies qui nécessitent des soins médicaux et des soins rapides, mais aucune mesure n’a été prise dans ce sens. De même, pour les opérations chirurgicales, elles sont repoussées surtout pour ceux qui ont été blessés au cours de la résistance au sud. Certains ont encore les balles dans le corps. La visite à l’hôpital est rarement acceptée par l’administration.

La Croix-Rouge

La Croix-Rouge visite les prisonniers à des intervalles longs, parfois de six mois, et ne proteste pas face aux violations israéliennes des droits des prisonniers, comme la répression impitoyable, les mauvais traitements, ce qui pousse les prisonniers à adopter des mesures de lutte et à menacer de faire la grève de la faim, et ils le font souvent, pour améliorer leurs conditions de vie et réaliser leurs droits légaux, selon les lois et les traités internationaux qu’Israël ignore. La Croix-Rouge apporte tous les ans un médecin généraliste pour chaque prison où il écoute quelques cas, et son rôle se limite à faire des remarques, mais le médecin de la prison ne se sent pas obligé de les suivre. Il existe un comité pour les libérations pour raisons médicales, mais aucune libération ne s’est faite…

Revendications des prisonniers

1 – Appel au gouvernement libanais d’adopter politiquement la question des prisonniers, le gouvernement libanais a la responsabilité de les faire libérer. Il faut éviter le retour des forces de l’ONU au sud sans la libération des prisonniers.

2 – Mise en garde contre le dépassement de la question des prisonniers ou de sa fragmentation, car elle est une cause nationale, qui concerne le peuple en entier.

3 – Mener une large campagne de solidarité avec les prisonniers dans les prisons israéliennes, à l’occasion de la journée du prisonnier libanais, en organisant des meetings, des sit-ins, des conférences pour la libération des prisonniers.

4 – Autoriser les familles à visiter les prisonniers dans toutes les prisons par le biais de la Croix-Rouge.

5 – Protester, auprès de la Croix-Rouge, au nom des prisonniers, de sa négligence de son devoir humanitaire, son refus de les visiter et d’examiner leur situation et de répondre à leurs besoins.

6 – Agir par le biais des associations humanitaires internationales pour la révision des jugements des tribunaux israéliens injustes envers les prisonniers qui se trouvent dans les prisons.

LIBERTE POUR LES PRISONNIERS ET LES DETENUS
DANS LES PRISONS ISRAELIENNES
GLOIRE ET ETERNITE POUR LES MARTYRS
Président de l’association des amis du détenu et du prisonnier
Qadri Abu Wasil
Nazareth
13/07/03